Analyse legionelle nouvelle Norme 2015

Evolution de la norme d’analyse des légionelles par culture NF T90-431

Suite à une évolution de la norme NF T90-431 de recherche et dénombrement des légionelles, celle-ci sera mise en application dans notre laboratoire  à compter du 4 mai 2015.

Les modifications concernent notamment le transport, la mise en œuvre des analyses, les limites de quantification et les commentaires.

 

La norme distingue 2 catégories d’eaux :

 

  • Les eaux propres (eau chaude sanitaire, eau destinée à la consommation humaine, eaux thermales, eaux de piscine, eaux souterraines). Ces eaux doivent être filtrables.

     

  • Les eaux sales (eaux de circuit de refroidissement, eaux industrielles, eaux de surface, eaux naturelles). Les eaux propres non filtrables ou colorées seront assimilées à des eaux sales.

 

La méthodologie de mesure évolue essentiellement pour la catégorie eaux propres (rapprochement avec la méthodologie de la norme internationale ISO 11731-2).

 

Les évolutions :

 

1        Transport des échantillons

 

Les échantillons doivent arriver au laboratoire au maximum le lendemain du prélèvement. Le transport doit être réalisé à température ambiante de préférence dans une enceinte isotherme non réfrigérée.

 

2        Mise en œuvre des analyses

 

Les échantillons doivent être mis en analyse par le laboratoire au maximum le lendemain du prélèvement.

  

3        Résultats

 

3.1       Eaux propres

 

Limite inférieure de quantification : 10 UFC/L (Lors de présence de flore interférente, cette limite pourra passer à  < 100 ou < 5 000 UFC/L).

 

Limite supérieure de quantification > 750 000 UFC/L (Lors de présence de flore interférente, cette limite pourra passer à > 1 000 ou > 10 000 UFC/L).

 

3.2       Eaux sales

 

Limite inférieure de quantification : 100 UFC/L (Lors de présence de flore interférente, cette limite pourra passer à < 5 000 ou < 50 000 UFC/L).

 

Limite supérieure de quantification > 7 500 000 UFC/L (Lors de présence de flore interférente, cette limite pourra passer à > 15 000 ou > 750 000 UFC/L).

 

4        Commentaires

 

Dès lors qu’une boite présente une flore interférente le commentaire présence d’une flore interférente sera mentionné (même si un résultat quantitatif est obtenu sur d’autres boites).

 

Un commentaire sera également mentionné si le résultat est issu d’une lecture intermédiaire. Il s’agit dans ce cas d’un résultat issu d’une boîte qui a permis la quantification de légionelles lors des premières étapes de l’analyse mais qui par la suite a été envahie par une flore interférente. Le commentaire sera : « Résultat issu d’une lecture intermédiaire. Présence de flore interférente pouvant amener à une sous-estimation du résultat ».

 
 

5        Interprétation des résultats

 

 Une note d’information de la DGS du 13 avril 2015 défini les modalités d’interprétation des résultats d’analyse légionelles pour l’eau chaude sanitaire selon cette nouvelle norme. Il est distingué trois situations :

 

  •  Cas des eaux minérales naturelles utilisées à des fins thérapeutiques dans des établissements thermaux

 

  La réglementation pour ce type d’usage est définie dans l’arrêté du 14/10/1937 modifié par l’arrêté du 19/06/2000. Cette réglementation impose une absence de Legionella et Legionella pneumophila aux émergences et à tous les points d’usage de l’eau, donc une teneur inférieure au seuil de détection de la méthode. Par conséquent, dès qu’un résultat quantitatif est obtenu, celui-ci est non conforme. S’il apparait sur le rapport un résultat inférieur au seuil de quantification avec la mention flore interférente, la conformité ne peut être prononcée et un prélèvement de contrôle doit être reprogrammé.

 

  • Cas des eaux destinées à la consommation humaine pour les points d’usage à risque utilisés par des patients identifiés comme particulièrement vulnérables au risque de légionellose (établissement de santé)

 

  La réglementation pour ce type d’usage est définie d’une part dans l’arrêté du 01/02/2010 complété par la circulaire du 21/12/2010 et d’autre part dans la circulaire du 22/04/2002. Cette réglementation impose une absence de Legionella pneumophila aux points d’usage à risque accessibles aux patients identifiés comme particulièrement vulnérables au risque de légionellose par le CLIN ou toute organisation chargée des mêmes attributions. Par conséquent, dès qu’un résultat quantitatif est obtenu, celui-ci est non conforme. S’il apparait sur le rapport un résultat inférieur au seuil de quantification avec la mention flore interférente, la conformité ne peut être prononcée et un prélèvement de contrôle doit être reprogrammé.

 

  • Cas des eaux destinées à la consommation humaine fournies au niveau de points d’usage à risque dans les établissements recevant du public, à l’exclusion de ceux utilisés par des patients identifiés comme particulièrement vulnérables au risque de légionellose (établissement de santé)

 

 La réglementation pour ce type d’usage est définie dans l’arrêté du 01/02/2010 complété par la circulaire du 21/12/2010. Cette réglementation impose une concentration en Legionella pneumophila inférieure à 1 000 UFC/L aux points d’usage à risque. Si le résultat obtenu est inférieur à 1 000 UFC/L en Legionella pneumophilaavec une absence de commentaires, le résultat est conforme. Si le rapport mentionne la présence de flore interférente, la conformité ne peut être prononcée et un prélèvement de contrôle doit être reprogrammé.

 

Pour les eaux des circuits de refroidissement, il n’y a pas eu pour le moment de note d’information pour l’interprétation des résultats associés à cette norme. La réglementation en vigueur est définie dans les arrêtés du 14/12/13. Elle fixe une concentration de 1 000 UFC/L en Legionella pneumophila à ne pas dépasser. Elle définit également que la méthode à appliquer est la norme NF T90-431 dans sa version 2006. Cependant, compte tenu de l’obligation des laboratoires de mettre en application la nouvelle version de la norme dans un délai de 6 mois après parution, l’ensemble des contrôles est désormais réalisé selon cette nouvelle version.

 L’interprétation doit être réalisée selon les limites définies dans le plan de surveillance de l’installation. Si le résultat est supérieur à 1 000 UFC/L en Legionella pneumophila, quel que soit le commentaire, ce résultat doit amener aux actions curatives et correctives tel que définies dans les arrêtés.

 Si le résultat aboutit à une concentration inférieure à 1 000 UFC/L en Legionella pneumophila, le résultat est conforme à la réglementation sauf s’il est mentionné un commentaire du type : Résultat issu d’une lecture intermédiaire. Présence de flore interférente pouvant amener à une sous-estimation du résultat. Dans ce cas, il faut traiter ce résultat comme un cas de flore interférente.

 Si un des commentaires suivant apparait :

 

  • Résultat ininterprétable. Présence d’une flore interférente empêchant la détection des Legionella

  • Présence d'une flore interférente portant le seuil de quantification des Legionella à 50 000 UFC/L. 

  • Présence d'une flore interférente portant le seuil de quantification des Legionella à 5 000 UFC/L

 

Dans ces cas, il faut traiter ce résultat comme un cas de flore interférente.